9782492035579
L’amour, cette naturelle attirance entre personnes de sexes opposés, ce souffle chaleureux qui caresse les âmes, est un vent rebelle qui terrasse les plus puissants des esprits. Quand le cœur décide, le sang s’enivre et le bon sens s’éloigne.
En découvrant qu’Antigone, sa fiancée s’est pendue, Hémon, désespéré, se suicide en se poignardant avec son épée, tenant le corps de sa bien-aimée dans ses bras. Belle preuve d’amour ! N’est-ce pas ? Ou alors, quelle folie ! Quelle dinguerie ! Et on entend la voix sentencieuse de tout l’entourage : « … »
Enrico Macias dans une belle chanson avait posé le problème : « Mes amis me reprochent souvent dans la vie, d’être encore un enfant car vois-tu, ils ne comprennent pas cet amour qui nous lie… Moi sans toi, je ne peux partager tous leurs jeux, ne veux pas me brûler à ce feu, cette rage d’aimer, comédie de la vie …»
Elhadji Alexandre Ndao est un amoureux qui sait dire sa joie et ses peines sur un air de sublimation. Il est poète. Son cœur a délibéré définitivement en édictant une passion indélébile, une flamme éternelle pour l’âme sœur emmenée, à son insu, loin de lui. Il nous prend à témoin en chantant la perte de son amour. Tant mieux devons-nous dire, tant cet hymne à l’amour est à la fois émouvant et plaisant. Le poète pleure un amour perdu, comparant sa souffrance à celle d’un arbre sans feuilles, d’un oiseau sans ailes, d’un pêcheur sans filets. Il exprime une nostalgie déchirante pour un amour perdu Ah ! Que ce texte est bouleversant ! Mais qu’il interpelle et qu’il inspire !
Après la sublimation, l’auteur de ‘’Chants d’une absence … O Amour !’’ a réussi une autre prouesse : l’élévation et l’extension. En effet, son texte, un poème lyrique et épique où le chagrin d’amour, ô douleur, se mêle à la mémoire collective de l’Afrique, évoque l’esclavage et la déportation comme une souffrance historique pour le peuple noir. Le poème bascule subtilement vers une dénonciation de l’esclavage, décrivant avec force les souffrances des déportés. L’image récurrente de la femme partie « vers l’inconnu » symbolise à la fois une rupture amoureuse et une disparition forcée (évoquant l’esclavage).
Ce long poème écrit dans un style sans fioriture ni pédantisme, ni même polissage extrême, oscille entre intimité et universalité, entre complainte personnelle et cri collectif. On peut dire que l’auteur a réussi à universaliser sa douleur en la liant à celle de tout un peuple.
On le voit donc, ‘’Chants d’une absence … O Amour !’’ est bien plus qu’un simple poème d’amour : c’est aussi un cri du cœur, un témoignage historique et un hymne à l’Afrique. D’ailleurs il se termine par un appel vibrant à une Afrique libre, unie et fière.
Bonne lecture
L’éditeur