LES JOURNEES ‘’PORTES OUVERTES’’ de l’INEFJA
(Institut National d’Education et de Formation des Jeunes Aveugles du Sénégal.)
A l’absence de Yacine Sèye chargée du Marketing et de la Communication indisponible ce Samedi 2 Mai 2026, je me suis rendu à Thies, accompagné d’un autre membre de l’Equipe SEGUIMA, l’incontournable Fallou Ndao. On le voit sur l’image, tenant, tout sourire, la version en braille du Document stratégique SENEGAL 2050.
INEFJA est un institut partenaire de SEGUIMA, (maison d’édition à vocation panafricaine qui prône la démocratisation de la lecture). Depuis quelques années, nous collaborons, avec INEFJA, nous échangeons et partageons des idées dans le sens de notre participation à des activités visant la promotion d’une lecture inclusive en faveur des pensionnaires de cet important institut.
L’INEFJA est créé le 11 février 1982, à l’initiative de l’Union Nationale des Aveugles du Sénégal (UNAS) dans le but d’éduquer et de former des hommes et des femmes en situation de handicap visuel, disposés à servir leur patrie.
A cette époque-là, la société sénégalaise avait une mentalité fataliste envers les personnes atteintes d’une infirmité visuelle, auditive, motrice ou mentale. Ces personnages avaient comme activité principale la mendicité, car c’était presque de règle. Dès lors, envisager d’éduquer et de former des déficients visuels pour en faire des porteurs de développement, c’était une gageure. L’INEFJA s’est mis à la tâche. Enseignants spécialisés, bibliothécaires, animateurs et autres, des hommes ainsi que des femmes, tous déterminés à servir la bonne cause sortent de leur moule, chaque année, des artisans, des spécialistes en télécommunication, des juristes, des hommes politiques, des sociologues, des psychologues, des informaticiens, des kinésithérapeutes etc. Sur place nous avons trouvé, exposés, des produits locaux de transformation fabriqués par les élèves aveugles, à partir de nous ressources végétales. Ajoutez que l’institut se déploie à l’intérieur du pays avec des antennes à Saint-Louis et à Ziguinchor.
L’autre chose qui m’a émerveillé est la capacité dans le domaine de l’orientation spaciale de ces jeunes non-voyants ou malvoyants sévères qui se déplacent sans bâton et sans qu’on ne leur tienne le bras. Ils s’activent aisément, déplaçant des chaises, installant une tente et même orienter des visiteurs. Je me suis dit : «Il a fallu beaucoup de travail pour qu’ils en arrivent à ce résultat-là. » En effet, ce travail est effectué par un Personnel compétent, dynamique, passionné et bienveillant à l’égard de leurs pensionnaires. (Voir photos)
Comme on le voit, tout est beau dans ce beau tableau, sauf un hic persistant qui se situe au niveau des outils de travail. L’école dispose de quelques manuels en braille ainsi que de quelques romans et autres genres transcrits en braille. La Direction du Livre et de la Promotion de la Lecture du Ministère de la Culture d’ailleurs, leur a offert un lot de livres lors de la célébration à Thiès de la journée mondiale du Livre. Mais comment les exploiter, l’aveugle ne sachant lire dans un livre classique ? D’où se pose le problème de la conversion des livres classiques en livres transcrits en braille. Pour cela, il faut une autorisation spéciale de la part des éditeurs. Certaines maisons d’édition (comme SEGUIMA) leur ont accordé des droits spéciaux pour qu’ils exploitent des livres choisis mais ce procédé est très informel, fastidieux et peu efficace. Il existe une possibilité novatrice et globalisante pour que l’institut puisse accéder aux œuvres surtout littéraires avec la création d’exceptions aux droits d’auteur, la reproduction et l’échange transfrontalier de documents sans violer les droits de propriété intellectuelle régis par (OMPI), l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle, institution spécialisée des Nations Unies chargée des droits d’auteur, de la propriété littéraire et artistique à l’échelle mondiale.
Cela permettrait de pallier la « pénurie de livres » en formats accessibles (braille, audio, grands caractères) pour les déficients visuels. Il s’agit de la mise en œuvre des recommandations du traité de Marrakech qui date de 2013. Il a pour vocation de faciliter l’accès aux œuvres publiées pour les personnes aveugles ou malvoyantes en limitant le droit d’auteur pour la production et le partage de formats accessibles.
Ce traité de Marrakech si applaudi par les nécessiteux, cher lecteur, n’est toujours pas ratifié par le Sénégal quoiqu’entré en vigueur sur le plan international depuis le 30 Septembre 2016.
Voilà pourquoi nous ajoutons notre voix à celle de INEFJA pour crier fort VIVEMENT QUE LE TRAITE DE MARAKECH SOIT RATIFIE PAR LE SENEGAL OFFICIEL.
Des fils du Sénégal qui se battent pour sortir de la nuit noire où les a plongés leur cécité ont le droit d’accéder au LIVRE pour une acquisition certaine de connaissances sures.
A tous nous demandons une amplification de ce plaidoyer pour faciliter l’inclusive dans le domaine de la recherche des connaissances en faveur de ces enfants qui méritent formation et éducation comme tous les autres enfants de notre pays.
Mbegaan Koddu














