NOUS DISONS NON !
Personnellement, à chaque fois que j’entends cet homme politique parler, c’est ‘’à peu que le cœur ne me fende’’. Pour parler à la fois Villon. Le voilà encore dans ses exploits spectaculaires sans aucune sapidité.
« On a décidé de sortir d’un souverainisme qui à la base est une excellente idéologie que nous partageons, mais qui est une idéologie populiste… au point que nos partenaires n’avaient plus confiance en nous. »
Monsieur le ministre, votre déclaration est d’une ambiguïté déconcertante. Il en est d’ailleurs ainsi pour tous vos propos, ces temps-ci. Vous faites avec les convictions, ce que les enfants font avec les jouets. Vous vous amusez avec, de façon enthousiaste, puis vous les jetez à la poussière. Comment pouvez-vous adhérer à l’idéologie du souverainisme et la traiter de populiste avec toute la charge péjorative que vos maîtres occidentaux collent à ce concept ? Peut-on croire à Dieu et à Mammon à la fois ? Ensuite, votre déclaration, ne s’oppose-t-elle pas à l’esprit de notre constitution qui, dans son préambule proclame l’inaltérabilité de la souveraineté nationale et précise dans son article 3 : « La souveraineté nationale appartient au peuple sénégalais qui l’exerce par ses représentants ou par la voie du référendum. … »
Alors notre constitution, est-elle populiste ? Normalement, ça devrait vous coûter d’avoir fait cette déclaration si anti peuple pour que dorénavant, entre notre organe de phonation et le micro que l’on nous tend, chacun d’entre nous s’impose une exigence de réflexion et de responsabilité. En ce qui vous concerne, beaucoup de gens, comme moi, paieraient cher pour que vous gardiez un peu le silence pour un moment.
Monsieur le ministre, quand vous dites ‘’On’’, c’est qui on ? Le peuple sénégalais ? L’assemblée nationale qui représente le peuple ? Le Président de la République élu par ce même peuple ? Ou pour être prosaïque, ‘’on’’ c’est le Docteur Abdourahmane Diouf ? Si ‘’on’’ c’est vous, permettez-moi de vous poser les questions suivantes : « Vous parlez pour qui ? A qui ? Qui vous en donne l’autorisation ? »
Je signale qu’à ce jour, le peuple sénégalais ne vous a donné aucun mandat. Vous n’avez jamais été élu au Sénégal ni au niveau présidentiel, ni au niveau parlementaire ni même au niveau municipal. Si ça se trouve d’ailleurs vous n’avez nulle part été un Président d’une ASC ou le délégué d’un quartier. Cela dit, si par des tours de passe-passe et des entourloupes abracadabrantesques, le tout appuyé à une logorrhée racoleuse vous parvenez à vous hisser au niveau où vous êtes dans le gouvernement, cela ne vous donne pas le droit d’insulter notre conscience citoyenne, de fouler au pied nos convictions idéologiques, de remettre en cause nos nobles aspirations à la souveraineté. Vous êtes libre d’avoir des ambitions à l’ampleur de l’océan Atlantique, vous pouvez naviguer à travers les ondées prometteuses des partis politiques et des coalitions en position de force, faire des clins d’œil à la France, mais de grâce laissez-nous à Dakar, nous ne voulons pas aller à Vichy pour encore nous faire vassaliser.
On se rappelle que, quand l’Allemagne a occupé la France en Mai 1940, environ trois mois après, le maréchal Pétain s’est retiré à Vichy où il a formé un gouvernement à la merci de l’occupant nazi. A vous entendre parler, c’est à croire que vous œuvrez pour une vichysation du Sénégal dont le gouvernement serait aux ordres du capital international. Mais sachez que s’il y avait Pétain, eh bien, il y avait aussi De Gaulle, fort heureusement. Le Sénégal n’est pas à vendre.
Pour terminer, Docteur Diouf ! Sachez qu’être un pays africain souverain et se développer, c’est bien possible car nos frères de l’AES aujourd’hui ont recouvré leur totale souveraineté et pourtant ils sont en train de sortir la tête de l’eau, malgré la guerre coûteuse qu’ils mènent contre les puissances étrangères qui arment les terroristes qui les attaquent….
A bon entendeur… Si »On » ne veut pas que nous soyons souverains, qu’il aille planter ses choux ailleurs et nous laisse avec notre pays que nous voulons rendre souverain.
Mbegaan Koddu