Note de L’éditeur sur Les mythiques cendres de mon peuple
L’auteur ne voit pas esclave d’un quelconque plan narratif classique. De ce point de vue, l’œuvre est du type iconoclaste. Il ne cherche pas pour autant à impressionner à la Georges Pérec mais il se sent libre de quitter la fiction pour installer le lecteur dans un réalisme historique qui frise l’étude ethnographique d’une Casamance terre des cendres unifiées d’une mythique cosmogonie.
Dès l’avant-propos, Pape Oumar Diatta nous met dans l’ambiance : « En Casamance, terre de baobabs millénaires et de rivières murmurantes, la spiritualité tisse un filet invisible reliant Musulmans, Chrétiens et Animistes dans une cohésion aussi ancienne que les collines. Ici, les appels à la prière du muezzin se mêlent aux chants des chorales Chrétiennes et aux rythmes des tam-tams diolas, formant une symphonie où chaque note honore le sacré sous des formes différentes, mais d’un même souffle vital.»
A mi-chemin entre le conte philosophique, le récit initiatique et la fresque sociale, ce texte se déploie comme un arbre sacré : ses racines plongent dans les mythes ancestraux, son tronc incarne les luttes du village de Foufemb, et ses branches s’étendent vers un avenir où tradition et modernité dialoguent sans se nier.
Pape Oumar Diatta est décidément un écrivain d’un genre nouveau. Il n’opte pas pour la facilité en choisissant les thèmes récurrents tellement ressassés qu’ils ont perdu toute leur sapidité. On dirait que pour lui, l’Afrique a ses valeurs propres. Qui s’en éloigne n’en est pas digne. C’est ainsi que son premier livre, il l’avait titré : « Le déshonneur d’une République encagoulée. » Très fort ! N’est-ce pas ? Cette République personnifiée qui s’était départie de toutes nos valeurs de dignité et de justice, il l’avait observée à la loupe et l’avait décrite avec la minutie d’un greffier d’audience.
Avec Les mythiques cendres de mon peuple, l’auteur s’adresse en toute responsabilité à l’intellectuel Africain, celui-là même que Cheikh Hamidou Kane installe dans l’hybride : « Je ne suis pas un pays des Diallobé distinct, face à un Occident distinct… Je suis devenu les deux. Il n’y a pas une tête lucide entre les deux termes… » A celui-là donc, Pape Oumar Diatta rappelle que : « … Le sacré africain ne se détruit pas, il se cache, se transforme et attend. » Comme pour dire : « Chassez le naturel par des apports civilisationnels ravageurs, il revient au galop par le rythme sourd du tam-tam de nos ancêtres qui ne sont pas morts … »
Cher lecteur, je peux vous le dire, ce livre m’a fasciné, fortement.
L’éditeur
Waly Ndour
Directeur des Editions SEGUIMA