Ce mardi, je m’étais assigné une tâche à terminer dans la journée. Ainsi, j’avais juré de ne pas me rendre sur le net. Mais quelle surprise : Quelle désolation quand Papa Samba Badji, absent du Sénégal, m’envoie ce message : « Waly, tu es au courant du décès de ton ami Baytir ? »
Coup de massue ! J’ai connu Baytir Kâ en période de Covid, au Salon du Livre de Dakar. Feu Caster Camara qui me l’avait présenté aimait dire : ‘’Ton ami Baytir’’.
Ceux qui me connaissent savent que je me fais plus d’ennemis que d’amis, à cause peut-être de mon intransigeance ou disons-le, de mon sale caractère. Pour me compter dans son cercle affectueux, il faut être comme Caster, Baytir … Ce dernier, on aimait discuter de tout ; de nos idées, de nos lectures, du temps qui passe, de la politique… Nous n’étions pas d’accord sur tout, mais le socle commun qui nous unissait reposait sur des valeurs religieuses et sociales communes. L’homme était à la fois un Afriicain authentique et un grand religieux.
J’appréciais en lui ses connaissances profondes en matière de sciences humaines, sa discrétion connue de tous, son humilité légendaire, sa remarquable urbanité et ses grandes facilités dans les relations humaines. Vous ai-je parlé de son désintéressement ? J’ai rarement vu quelqu’un de si distant par rapport aux biens terrestres. Il avait une pudeur touchante vis-à-vis de l’argent. Depuis cinq ans il est membre du Comité de Lecture-Correction de SEGUIMA qu’il présidait en même temps qu’il était le Président du jury de nos concours littéraires, depuis le départ de Caster. Je jure que parler d’argent avec Baytir, c’était toujours délicat, pesant et très pénible. Ça le gênait, parce qu’il ne travaillait pas pour cela.
O Baytir ! Tu t’en vas ? Avec ton départ, je perds un ami, et SEGUIMA perd un précieux collaborateur.
Allah ! Dieu de Moise, de Jésus et de Muhammad (PSL), nous voici soumis et repentants face à Ta grandeur. Nous voici à genoux qui implorons Ton pardon pour notre ami Baytir Kâ. Nous supplions Ta clémence pour que Ta miséricorde lui soit accordée. Que par Ta grâce, nous le trouvions au paradis quand notre heure sera venue, qu’elle soit proche ou lointaine.
A Dieu Baytir.
Mbegaan Koddu
PS : L’image d’illustration est une photo de lui que j’ai prise avec mon téléphone au moment où il me présentait à ses proches lors d’une cérémonie de dédicace à Malika. Sa maison d’édition, LA COMMETE venait de publier deux livres. Le Président Abdoulaye Fodé Ndionne y était et j’étais accompagné par Yacine Sèye.