Seguima Vision

MONSIEUR LE MINISTRE EN CHARGE DE LA CULTURE VOUS-A-T-ON DIT ?

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Monsieur le Ministre de la Culture, de l’artisanat et du Tourisme  

Voici les premiers mots que je vous ai adressés aux premiers moments de 

« Nous vous félicitons pour la confiance que MM le Premier Ministre et le Président de la République ont placée en vous. Nous n’avons aucun doute quant à votre capacité à diriger le département ministériel qui vient de vous être confié. Vos différentes interventions et actions (parfois périlleuses) dans les tranchées, lors des batailles face au régime défunt ou à l’Assemblée Nationale ont été décisives. Tantôt juriste éclairé, tantôt tribun de la plèbe et souvent militant d’avant-garde en action, vous présentez pour l’heure, l’image d’un dirigeant qui éclaire la lanterne du peuple dont il est, du reste très proche. Personnellement, je suis encore marqué par la profondeur de vos analyses à travers vos publications sur les réseaux sociaux mais aussi par cet humour bien sénégalais qui transparaissait dans les piques très taquines à l’endroit de Oumy Ndour, amicalement vindicative. Fine intelligence, agréable sociabilité.

Que le Guide Suprême vous accompagne dans l’accomplissement de votre nouvelle charge… »

Puis, sur deux articles publiés successivement en deux jours, je vous ai présenté le dossier LIVRE du point de vue de l’agent que je suis. Nos attentes étaient clairement spécifiées. Puis, vos services ont initié le Forum du Livre de Dakar. Là aussi j’ai publié un article sur le sujet après notre participation active aux travaux des commissions.

Enfin, quand le FILDAK a été annulé pour des raisons qui ne sont nullement opposables aux agents du LIVRE, j’ai encore écrit pour demander que l’on nous rende notre FILDAK.

En suivant ces quatre liens Monsieur le Ministre, vous pourrez, si votre temps vous le permet, tâter le pouls de l’axe LIVRE dans votre sphère ministérielle. On trouve lesdits textes dans le site de SEGUIMA et sur toutes ses pages Facebook, Instagram, X et LinkedIn sous la plume de Mbegaan Koddu (Un surnom que j’utilise dans les réseaux sociaux) Mes propres créations littéraires, un roman, un recueil de nouvelles et un recueil de contes sont signées Peh de Géo. Ces surnom et pseudonyme racontent chacun une longue histoire.

Vous sachant grand lecteur et féru de digital, je peux concevoir qu’il vous manque le temps de scroller pour baigner dans les océans du net pendant une certaine durée. Mais quand même, votre entourage a le devoir impérieux de remonter jusqu’à vous certaines infos tirées du net surtout quand cela vient des agents du secteur dont vous avez la charge.

Aujourd’hui, je ne serai pas long. Avec votre permission, je procède à un rappel de mémoire ayant pour objet deux citations et je poserai une ou deux questions avec respect et considération. A plusieurs reprises, les deux personnalités à la tête de notre Etat ont manifesté leur attachement à l’expression souveraine de notre Culture et ont tous les deux pris l’engagement de nous accompagner conséquemment. J’ai choisi deux citations qui montrent avec acuité le degré de leur engagement en faveur de notre Culture qui englobe la création littéraire.

  1. Président Diomaye Diakhar Faye

« Le livre libère, inspire et façonne les aspirations des peuples ainsi que les idéaux des nations… Les écrivains ainsi que tous les acteurs de la chaine du Livre méritent d’être célébrés car d’une certaine manière, ils demeurent les gardiens de nos rêves, les dépositaires de notre patrimoine immatériel, tout en balisant les voies de notre avenir collectif.»

  • Premier ministre Ousmane Sonko

«La culture, aujourd’hui, se trouve confrontée à des pressions sans précédent.  L’uniformisation culturelle, l’hégémonie de certains modèles exogènes et la marginalisation de nos langues et expressions locales menacent l’identité de nos peuples. Il est alors essentiel de protéger notre jeunesse de ces agressions culturelles. Nous devons les encourager à s’engager dans la préservation et la promotion de nos valeurs tout en cultivant leur créativité.  »

  • Monsieur le Ministre, vous a–t-on dit que le LIVRE recule au Sénégal ? « Qui n’avance pas recule » Dit-on. Eh bien ! Nous avions fait un pas en avant, nous voilà qui en faisons deux en arrière.
  • Quelles sont les actions concrètes que vous avez effectuées pour le LIVRE depuis que vous êtes là ?
  • Quelle est la réalisation aux résultats mesurables que vous avez effectuée pour soutenir et valoriser les acteurs du Livre ainsi que pour défendre les valeurs africaines à travers une politique d’encouragement et d’accompagnement ?
  • Vous avez supprimé le FILDAK que le monde attendait, pourquoi ?
  • L’Egypte), le Maroc, la Tunisie, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Mali … Un salon du livre partout sauf au Sénégal depuis janvier 2024 à Fatick sous Macky Sall que nous avons combattu de toutes nos forces pour les raisons que nous savons. Ses ministres doivent-ils faire mieux que vous ?
  • Que faites-vous pour qu’à l’occasion des JOJ le Sénégal se présente comme une vitrine éditoriale de référence en Afrique et dans le monde ? Moult activités sont prévues par les acteurs du LIVRE : Renouvellement de stocks surtout en livre de jeunesse, manuels et autres genres, production de qualité, expression de notre souveraineté éditoriale, rencontres, échanges, présentations d’œuvres, diffusion, distribution … A cinq mois de l’évènement, tout se passe comme si on veut nous faire rater le coche sciemment. J’ai appris que vous préparez des assises. Encore des mess d’officiers pour aller trinquer dans des hôtels au moment où les vrais acteurs se rongent les freins ? Des assises pour quoi faire ? Pour dire quoi ?

A ce que je sache, avec les résolutions du Forum du Livre de Dakar, nous avons dit ce qu’il faut faire, comment le faire, quand le faire, par quels moyens le faire et pour quoi le faire. Alors ! Des conciliabules pour quoi faire ?

En attendant, l’Occident qui continue d’orienter nos lignes éditoriales sait comment s’y prendre. Il sponsorise des entités complices pour la propagation de leurs idées qui pénètrent l’âme des Sénégalais à partir d’un esprit acquis à leur cause.

Monsieur le Ministre, au moment où vous prenez des poses dans des instituts culturels étrangers, nous petits producteurs sénégalais ramons dans la galère. Ce n’est pas ce qu’on nous avait promis nak.

Nous pensions que vous feriez mieux que les régimes de Wade et Macky. L’un l’a initié à hauteur de cinq cent millions, l’autre l’a porté à sept cent millions. Et vous, où en êtes-vous ? Le budget n’est-il pas déjà voté ?

Monsieur le Ministre, je suis d’autant plus à l’aise pour vous adresser ces différentes lettres que je suis un partisan reconnu de l’idéologie du souverainisme panafricaniste qui sous-tend le JUB JUBAL JUBBANTI. (Voir Les chroniques de Mbegaan Koddu sur Google) D’ailleurs mes prises de position, souvent, dérangent certains de mes confrères à la plume étale, habitués par la colonialité à ne jamais déplacer les meubles. Ils ont leur façon de voir, j’ai la mienne et je reste constant dans mon engagement en faveur de la défense des valeurs africaines particulièrement dans le domaine de la littérature. Je ne suis pas neutre, j’agis dans le sens de l’histoire. Je préfère être un Hugo qui combat pour ses idées au point de mettre un bonnet rouge au dictionnaire français qu’un Proust qui se meurt de résignation, dans le souvenir languissant de sa lointaine madeleine.

Merci Monsieur le Ministre. La suite ensuite …

Waly Ndour

Directeur des Editions SEGUIMA

Secrétaire général de la Convention Nationale des Ecrivains du Sénégal

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