Monsieur le Ministre, recevez les salutations d’un écrivain et éditeur qui, au vu et au su de tout le monde s’est battu comme tous, pour l’avènement d’une alternative révolutionnaire dans notre pays qui a tant souffert de la mainmise de l’impérialisme aidé de ses valets locaux.
Vous voilà installé depuis le 6 Septembre 2025. Que d’espoir votre nomination avait suscité, que de déception en filigrane. Madame Khady Diène Gaye, tout le monde vous le dira, était plus attentionnée envers l’écosystème littéraire. Depuis que vous êtes là, quelle est la réalisation concrète, à l’effet mesurable, que vous avez effectuée ? Que tout le monde fasse son introspection. Vous surtout, en tant que dépositaire de la confiance à la fois de ceux qui vous ont là et de ceux pour qui on vous a mis là.
Monsieur le ministre, vous passez votre temps à visiter les musées et les monuments, à trainer dans les ambassades et centres culturels européens … Est-ce pour donner le change ? C’est pour du tape à l’œil ou bien tenez-vous à nous narguer ?
En tout cas, monsieur le Ministre, votre attitude envers les acteurs du Livre ne ressemble ni au Président Bassirou Diomaye Faye qui, lors du Forum du Livre (sans suite) nous a fermement promis de nous accompagner, ni au Premier Ministre, l’écrivain engagé, Ousmane Sonko qui visiblement maitrise bien le dossier Livre. Alors ! Allez-vous nous décevoir ?
Vous dites que les nombreuses visites de musées et autres monuments s’inscrivent dans le cadre de la préparation des JOJ.
Tout cela sans le LIVRE !
Vous prendrez la responsabilité devant l’histoire, pendant les JOJ, de présenter le Sénégal à la face du monde sans sa vitrine littéraire. Les acteurs du Livre mis à la touche, on vous regardera faire. Champ libre à la littérature empreinte de colonialité. L’occident qui finance pour ses idées capte nos inspirations pendant que notre gouvernement nous néglige au moment où vous présidez aux destinées du département en charge de la Culture dans son ensemble.
Grand lecteur que vous êtes, je vous invite à revisiter les fables de La Fontaine. Quand le lion allait en guerre, il mobilisait même les plus petites bêtes. Comme quoi, même si le Livre est »petit », on a toujours besoin d’un plus petit que soi. Continuez à nous négliger. Vous aurez moins fait que tout le monde. L’histoire posera son verdict. Le peuple appréciera in sha Allah.
La suite, ensuite …
Mbegaan Koddu