Trop souvent, sous les cendres encore chaudes des crises politiques, des dictatures ou des conflits, les appels à la réconciliation s’élèvent, solennels, grandiloquents, presque sacrés. Mais que vaut souvent une réconciliation qui marche sur les cendres de l’injustice ? Que vaut la paix si elle est fondée sur l’oubli des crimes, sur le silence des victimes, sur le blanchiment des bourreaux ?
Nous disons NON à cette réconciliation superficielle, imposée d’en haut, construite sur des compromis cyniques.
Nous disons NON à cette mascarade de paix qui sacrifie la vérité sur l’autel de la stabilité politique.
Nous disons NON à la réconciliation sans justice, car l’impunité d’aujourd’hui est la répétition des crimes de demain.
La réconciliation véritable ne peut naître que d’un travail de mémoire, d’un devoir de vérité, d’un acte de justice clair et assumé. Il ne s’agit pas de vengeance, mais de reconnaissance. Il ne s’agit pas de diviser, mais de réparer.
Que chaque victime soit entendue.
Que chaque crime soit nommé.
Que chaque responsable soit jugé.
Ce n’est qu’à ce prix que la paix devient durable, que la société guérit ses blessures et que l’histoire avance sans honte.
Réconcilier sans juger, c’est trahir la mémoire.
Réconcilier sans vérité, c’est construire un mensonge d’Etat.
Réconcilier sans justice, c’est offrir l’avenir aux bourreaux.
Dire « NON à une réconciliation sans justice » c’est refuser de normaliser l’impunité. C’est réclamer que l’Etat de droit triomphe des compromis politiciens. C’est rappeler que le pardon ne peut jamais être exigé, encore moins imposé par décret ou discours officiel.
La justice, la vérité, la réparation, la mémoire : voilà les fondations d’une véritable réconciliation nationale. Tout le reste n’est qu’un maquillage temporaire sur un corps encore blessé.
« LA PAIX SANS JUSTICE EST UNE GUERRE DIFFÉRÉE »
Trop de dirigeants, au nom de la « paix » choisissent l’amnésie politique. Ils demandent au peuple d’oublier. Mais on n’oublie pas un frère disparu, une prison injuste, une balle dans le dos, un exil forcé. On vit avec. Et on exige réparation.
Pape Oumar Diatta Al’Makhtoum
