Cher collègue Mary Teuw Niane,
Je prends la liberté de vous répondre publiquement, non par goût de la controverse, mais parce que le sujet que vous abordez — l’antériorité de la raison en Afrique — mérite, me semble-t-il, une rigueur conceptuelle à la hauteur de son importance historique et politique. Nous ne parlons pas ici d’un simple débat académique : nous parlons de la matrice symbolique qui a servi, des siècles durant, à légitimer l’effacement intellectuel de notre continent.
Votre texte mobilise avec pertinence Léopold Sédar Senghor, relu à travers Souleymane Bachir Diagne, puis convoque Wole Soyinka et surtout Cheikh Anta Diop pour étayer la thèse d’une antériorité africaine de la rationalité scientifique. Sur le plan historique, les références aux papyrus mathématiques et aux circulations méditerranéennes sont justes. Mais je crains que l’argumentation demeure partielle, et par là même vulnérable.
