Monsieur le Président, pendant des siècles, nous avons vécu les tourments de l’esclavage et les affres de la colonisation. Durant des décennies, nous avons souffert de spoliations de toutes sortes, d’exactions et de vexations quotidiennes, d’un continu asservissement moral et d’une honteuse aliénation culturelle.
Tout d’un coup, SONKO nous est apparu comme Moise le sauveur du peuple juif martyrisé par le pharaon d’Egypte. Vous étiez avec lui, respirant le même air que lui et transpirant en même temps que lui. Vous le présentiez comme le chef d’état idéal pour le Sénégal. Suivant la volonté divine, ce même SONKO vous a désigné comme le meilleur d’entre tous, pour le remplacer dans sa posture de présidentiable. Puis, il a battu, en votre faveur, une campagne inoubliable. En somme, il a tout fait pour que vous soyez élu Président de la République du Sénégal. Vous l’êtes devenu avec une majorité absolue sans tricherie ni rafistolage. Hamdulilah.
Monsieur le Président de la République, une fois au Palais de la République, vous avez à maintes reprises et de diverses manières, fait gage de fidélité envers votre mentor. A ce niveau d’ailleurs, rien à craindre. Le peuple sénégalais vous voue une confiance aveugle. Nous savons en effet que, pour rien au monde, vous ne trahirez celui qui vous a mis en selle car vous êtes un homme d’honneur dont la sobriété éloigne l’âme des tromperies de la gloire que nous avons tous fugace. De ce côté, nous sommes tranquilles.
Par contre Monsieur le Président de la République au moment où j’écris ces mots, la situation du pays est plus qu’angoissante. En effet, depuis quelques temps, il souffle dans notre pays une bourrasque itérative qui, par ses rafales quotidiennes, n’attaquent qu’une seule personne, OUSMANE SONKO. C’est douloureux, c’est pénible pour tous ceux qui ont investi en cet homme leur ultime espoir de voir le Sénégal et l’Afrique d’une certaine manière recouvrer sa souveraineté totale et entière. Lui peut supporter les ingratitudes, les petitesses et les récriminations des perdants, car il est résilient. Il me vient d’ailleurs les mots de Rudyard Kipling conseillant son fils :
« Si tu peux supporter d’entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots ...
Tu seras un homme. »
Mais une chose est à craindre, c’est qu’il devienne vulnérable, à force de coups de boutoir. Ce qui peut arriver s’il se sent seul avec un talent d’Achille tout d’un coup repéré par ses ennemis, la Justice, jugée par la majorité du peuple, comme indolente et peu punitive envers les détracteurs insolents. Pourtant, si un citoyen adresse des mots peu appréciables à l’endroit d’un magistrat, il est vite arrêté et enfermé. Nous le savons, Bon ! Dans un match de football, la pénétration adverse passe toujours par le côté défaillant de la défense. Ainsi, Monsieur le Président, l’opposition sénégalaise défaite et humiliée n’ayant plus prise sur la situation politique du pays, pour garder la face, a recruté des insulteurs publics qui n’attaquent qu’un seul homme, matin, midi et soir, pour le déstabiliser. Vous êtes épargné, Monsieur le Président de la République tandis que SONKO est vitupéré, houspillé et tarabusté par des palefreniers qui font ‘’la mouche du coche’’. Et ça traine, ça traine, ça traine…
Monsieur le Président, en pleine campagne électorale, face au Peuple sénégalais, muni d’un balai, vous nous aviez promis, qu’une fois au pouvoir, vous balayerez la maison. Très enthousiastes, nous étions en réalité beaucoup plus que 54% à espérer un changement radical dans le sens d’une rupture systémique une fois que vous seriez élu. A ce jour, vous avez remplacé des ministres par des ministres, des députés par des députés et les mêmes pratiques demeurent. L’Occident a trouvé une faille. On vous adule et vous cajole personnellement, pour isoler SONKO. Attention à Donald Trump. Il sait trop ce qu’il veut. Quand il parle de vous en des termes élogieux, je frissonne. Cela me rappelle de vieux et mauvais souvenirs…
Monsieur le Président, si l’on considère les tas d’immondices qui encore et toujours nous crèvent l’œil dans notre pays et la crasse en perspective, il est légitime de se demander « Où est le balai ? »
Monsieur le Président de la République, une démocratie qui rend juste ce qui est injuste ne profite qu’à ceux qui s’en prévalent. C’est un régime politique créé par la bourgeoisie pour retirer le pouvoir au clergé et à l’aristocratie. Le’’dëmos kratos’’ des Grecs antiques visait la souveraineté du peuple. La démocratie telle que nous la connaissons, ne bénéfice qu’aux riches et aux ‘’débrouillards’’. On ne verra jamais un élément du vrai peuple être candidat à un quelconque poste électif. En effet pour pouvoir se déclarer candidat, il faut déposer des millions de francs comme caution et détenir d’autres millions pour la campagne. Quand est-ce qu’une sage et honnête personne sera candidat si elle ne compte que sur ses propres moyens ? PASTEF a fait cotiser ses partisans pour tous ses besoins. Et les autres, où prennent-ils l’argent pour faire la politique ? Nous le savons et ils savent que nous le savons. Mais, comme il est permis, nous jouons tous le jeu de la démocratie, c’est à dire de la fausseté.
Le vrai peuple ne bénéficie jamais de la démocratie qui d’ailleurs consacre le règne du Capital qui emploie des agents de toutes sortes : FMI, ONGs, Société civile porte-voix des Occidentaux, groupes de presse vendus, politiciens véreux, certains de vos proches, artistes sans vergogne, roublards de tous bords, communicateurs traditionnels (Expression pompeuse créée par les Occidentaux pour désigner certains griots qu’ils utilisent. Les vrais griots restent dignes, socles indispensables de nos communautés, comme nous les aimons.)
Le libéralisme, corollaire de la démocratie ne profite jamais au pauvre. C’est juste comme « Un chat libre, dans un poulailler libre. » C’est pourquoi Lacordaire disait que « Entre le fort et le faible, c’est la liberté qui opprime… Pauvres poussins, le chat vous dévore au nom de la démocratie sous le regard d’un juge, maitre des poursuites qui ne tranche que selon son intime conviction…
En vous élisant, Monsieur la Président de la République, nous pensions que tout changerait. Le système politique par lequel on nous a arnaqués depuis 1960, vous aviez promis de le changer. Ce qui est humainement bien possible car, nous sommes avec vous à 1000 %. Alors…
Monsieur la Président de la République, le peuple n’attend qu’à être consulté pour vous donner une nouvelle constitution apte à conduire la REVOLUTION.
Mbegaan Koddu
